Filpac CGT
L’avenir du livre dépend de la pérennité de ses imprimeries !
1 avril 2026
• Montreuil, le 20 mars 2026
Il faut défendre et soutenir la filière d’impression et de distribution du livre. Le pays des Lumières ne peut pas, sans se renier, laisser l’obscurité gagner du terrain sur ce pan de notre exception culturelle.
Le 11 mars dernier, à la Filpac CGT, se réunissaient les délégués des imprimeries du livre, représentant une large part de la profession. Le constat dressé est sans appel : les représentants des sites du groupe CPI comme ceux d’Aubin imprimeur ont évoqué des plans de licenciements et, plus grave encore, des menaces directes sur la continuité même de l’activité. Dans le même temps, la France continue de faire figure d’exception en Europe : on y lit davantage qu’ailleurs. Une singularité précieuse, arrachée de haute lutte, qui repose notamment sur le prix unique du livre, garant d’un accès élargi à la lecture, mais aussi sur un tissu industriel encore capable, malgré les coups portés, de permettre aux éditeurs d’imprimer et de diffuser les œuvres qu’ils défendent.
Mais cette exception vacille. Les annonces de fermetures et de réductions de capacités d’impression ne sont pas de simples ajustements : elles préfigurent un basculement. À terme, c’est l’accès même à la lecture pour toutes et tous qui est menacé. Car derrière la vitrine d’une édition française encore puissante en Europe grâce au prix unique du livre, la réalité est autrement plus sombre. La balance commerciale accuse un déficit de 135 millions d’euros, le pire du continent. En cause : un dumping économique, social et environnemental pratiqué à l’échelle européenne, voire asiatique, notamment sur les ouvrages complexes nécessitant impression et finitions spécifiques.
Cette fragilité industrielle est en train de devenir le talon d’Achille de toute la filière. Avec elle, c’est le risque d’un assèchement brutal de la diversité éditoriale qui se profile, frappant d’abord les éditeurs indépendants, ceux qui ne disposent ni des marges ni des relais des grands groupes.
Il y a urgence. Urgence à ce que le ministère de la Culture et celui de l’Industrie prennent enfin la mesure du danger. Urgence à agir pour soutenir concrètement la filière d’impression et de distribution du livre.
Le constat est déjà accablant : la France ne produit plus le papier nécessaire pour impression, alors même qu’elle en a les ressources. Si demain l’aval de la chaîne disparaît, le pays de Voltaire, Hugo ou Virginie Grimaldi devra dépendre d’acteurs extérieurs pour imprimer ses propres auteurs et autrices. Une aberration culturelle, économique et politique.
La Filpac CGT exige la tenue immédiate d’une réunion avec les ministères de tutelle pour mettre un terme à ce qui s’apparente, ni plus ni moins, à un massacre social et industriel.
Des solutions existent. Encore faut-il en avoir la volonté. Le « made in France » ne peut pas s’arrêter aux discours : il doit aussi s’imposer comme une exigence dans le versant industriel de la Culture.



