
Filpac CGT / La Provence, Nice Matin, La Marseillaise, Var Matin, Monaco Matin
La presse écrite du sud de la France menacée d’extinction par des choix industriels au rabais !
3 juin 2025
• Montreuil, le 28 mai 2025
Colère et incompréhension face au sabotage du projet d’impression mutualisé des groupes La Provence – Nice-Matin.
La presse écrite du Sud de la France est en danger. Le projet ambitieux, équitable et structurant pour l’avenir de nos journaux — La Provence, Nice-Matin, Var-Matin, Monaco-Matin, La Marseillaise — est aujourd’hui brutalement piétiné.
Ce projet, fruit de longues discussions et de compromis difficiles, prévoyait la création d’un centre d’impression commun dans le Var, à équidistance des deux zones de diffusion. Un centre moderne, performant, capable de produire quotidiennement l’ensemble des éditions des titres des deux groupes, dans des délais raisonnables et à des distances garantissant la couverture des zones de diffusion respectives. Ce projet d’avenir permettait de préserver les titres, les emplois, et la qualité de l’information régionale.
Du côté social, les organisations syndicales, majoritairement la CGT, avaient consenti dans un cadre de discussions qui paraissait transparent et loyal, des efforts conséquents afin d’éviter des licenciements secs et de préserver un maximum de postes de travail. D’ailleurs, un accord de méthode a été signé dans ce sens le 14 novembre 2023. Mais les actionnaires — Rodolphe Saadé pour La Provence, Xavier Niel pour Nice-Matin — ont décidé unilatéralement de tout faire voler en éclat en cessant toutes discussions depuis le 5 février dernier et en rachetant la SCOP SMP, coopérative de salariés située à Vitrolles, sur le site de Méditerranée Offset Presse.
C’est une véritable trahison ! Un mépris flagrant des engagements pris en faveur des salariés et des lecteurs de ces deux titres mythiques ! C’est une remise en cause de l’ensemble des investissements industriels promis. Tout cela au profit d’une entreprise au bord de la faillite et d’un site industriel vieillissant et mal entretenu. Ce passage en force est un signal extrêmement inquiétant pour l’avenir de la presse régionale : que valent les engagements de l’Alliance, lorsque les promesses les plus fondamentales sont piétinées par les patrons de la presse en régions ?
Les syndicats et les salariés de La Provence et Nice-Matin n’acceptent pas cette dérive. Ils dénoncent l’opacité des décisions, le cynisme des actionnaires et l’abandon des valeurs de dialogue et de respect qui ont toujours eu cours dans notre profession. Ils exigent immédiatement :
• La reprise immédiate des discussions dans le cadre clair défini dans l’accord du 14 novembre 2024 ;
• La transparence totale sur les intentions industrielles et sociales des actionnaires des deux groupes de presse ;
• Un engagement réel pour un projet ambitieux, équilibré, et socialement juste.
L’avenir de la presse écrite dans le sud de la France ne peut pas être dicté par des décisions opaques et brutales. Il mérite mieux ! Il mérite une vision respectueuse, partagée par les femmes et les hommes qui font vivre cette presse au quotidien. Les lecteurs aussi méritent mieux.
La CGT ne se taira pas ! Elle n’acceptera pas de subir le fait accompli. Elle exige des réponses, des garanties et du respect. Dans le cas contraire, elle mettra tout en œuvre pour se faire entendre et appelle d’ores et déjà ses adhérents, ainsi que l’ensemble des salariés concernés, à répondre à tout mot d’ordre d’action de notre organisation syndicale. •