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Ouest-France sacrifié
L’orchestration du déclin

17 septembre 2018

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Alors que la direction décide de fermer 6 rédactions, au cœur de l’information quotidienne, tout en se revendiquant d’être le journal « de la commune au monde » c’est bien de l’abandon du territoire qu’il est question et c’est bien aussi, de l’abandon du journal papier.

Plus de 50 postes en moins, il en manque déjà plus de 70 ! Un réseau de correspondants unique à tous les titres qui réduira la petite locale à « peau de chagrin » en donnant une information identique dans tous les titres. Jusqu’où ira la direction ? Non au mensonge envers nos lecteurs sur nos valeurs profondes, celles pour lesquelles ils sont attachés à notre journal. Le cœur de l’écosystème reste notre lectorat et l’intérêt qu’il a encore à nous lire.

Alors que le pluralisme de la presse est en danger, la direction nous demande de nous enterrer vivant. Nos valeurs historiques, notre engagement et soutien dans la multiplicité des titres avec des lignes éditoriales spécifiques à chaque journal sont brutalement bafoués.

Non à une synergie mortifère. Tous les confrères dans les Journaux de Loire gardent un goût amer d’un tel cercle vicieux vécu il y a quelques années. La même direction espère réitérer son processus de sape sans que nous bougions ! Nous voyons le résultat aujourd’hui. Non aux mensonges d’une direction qui ne vise qu’à diminuer ses effectifs dans le Groupe.

Non au mépris et à la violence de la direction par ses annonces envers les salariés non prévenus de la disparition de leur poste, de leur agence. Quel sera leur avenir ? Des éditos moralisateurs qui défendent l’humanité alors que sa direction n’a même pas un minimum de décence envers ses propres salariés loyaux et investis depuis toujours. Où sont vos valeurs, à vous messieurs les dirigeants ? Visiblement pas celles sur lesquelles Ouest-France avait assis sa respectabilité, sa crédibilité.

Non à une asphyxie de nos moyens, de nos ressources, de nos réseaux.

Qui connait mieux ce métier que nous, salariés et fiers de l’être ? Nous disons non au calcul uniquement financier car notre valeur et notre raison d’être c’est d’informer.

Non à une direction qui ne croit même plus nécessaire de persévérer dans ce que nous savons faire de mieux. Non au projet comptable, hors sol, qui n’a rien d’éditorial. L’information se respecte, l’information se valorise. Oui, le journal et ses équipes doivent s’adapter à leur époque, mais avec des professionnels et les moyens nécessaires et indispensables pour pouvoir continuer à jouer notre rôle.

La nouvelle direction affiche au grand jour son vrai visage de banquier, mais la presse n’est pas un produit comme les autres. L’information n’est pas une marchandise. Mais au contraire une nécessité dans une démocratie. Que s’est-il passé depuis le décès du président Hutin qui justifie que son héritage soit dilapidé ? Où sont passées ses valeurs humanistes et sa mémoire ? Le journal n’a plus de capitaine.

Non au fatalisme. Agir oui, mais pas avec des leviers seulement économiques.

La CGT croit en l’avenir de la presse, en un journal moderne et dynamique, croit en des salariés prêts à s’adapter à des évolutions, à la seule condition qu’elles soient porteuses d’avenir et avec des moyens pour les réaliser.

Le sens du travail, la créativité, l’intelligence sont les piliers d’une réussite partagée. Ce qui n’est pas le cas avec ce projet tel qu’il nous a été présenté. C’est avec une vision positive de son avenir, dans la dynamique de valorisation de nos savoir-faire, de nos compétences affutées que le journal vivra. La modernisation doit se faire par l’homme et pour l’homme. Même si les vents sont contraires nous devons tenir le cap et relever la barre !

Oui, à une presse pluraliste, citoyenne et dynamique, moderne et soucieuse de son avenir, une presse qui contribue, chaque jour, à sa respiration indispensable.

Nous ne laisserons pas réduire en miettes des décennies d’éthique, de professionnalisme et de labeur.

La CGT s’oppose à cette dictature économique au détriment de la vie des salariés, de la vie même du journal et donc de notre avenir.

Rennes le 17 septembre 2018